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Loger n’est pas employer !

Un couple, qui avait signé un contrat prévoyant la fourniture gratuite d’un logement en échange de menus travaux d’entretien et de gardiennage de propriété, a été débouté lorsqu’il a demandé à être reconnu comme salarié.

Les travaux demandés, d’un total d’environ 70 heures par mois, étaient seulement la contrepartie d’un logement, ont expliqué les juges. Le couple était d’autant moins salarié que chacun exerçait ailleurs une profession, qu’aucune directive particulière n’était donnée, aucun compte demandé et que le nombre d’heures n’était pas contrôlé.

Donner un logement gratuit en échange de services comme le gardiennage d’une propriété, ce n’est pas conclure un contrat de travail. Pour qu’il y ait une relation salarié-employeur, il faut que celui qui l’invoque la prouve en décrivant des conditions de travail correspondant à un contrat de travail, rappelle la Cour de cassation, c’est-à-dire qu’il prouve qu’un travail lui a été réclamé, payé et contrôlé.

L’existence d’un contrat de travail ne dépend pas des termes de la convention signée mais des conditions dans lesquelles s’exerce l’activité, rappellent les juges.

Les gardiens de la propriété sont donc titulaires, non pas d’un contrat de travail mais d’un « contrat d’entreprise ». Ils se sont engagés à accomplir, en dehors de tout lien de subordination et moyennant la mise à disposition d’un logement, une prestation de services liés à l’entretien, principalement des espaces verts. Ils ne peuvent donc pas réclamer des rappels de salaires, de congés payés et des dommages-intérêts pour travail dissimulé.